Abandonner l'idée d'avoir un emploi stable pour réaliser mon rêve de devenir comédienne

Tous les mois, nous écrivons des études de cas sur des femmes qui ont mené à bien des réorientations professionnelles ou ont traversé des quêtes de sens qui les ont menées vers plus d’épanouissement. Ces récits ont pour but de vous inspirer, mais aussi de vous donner un aperçu authentique et sans paillette de ce à quoi votre vie professionnelle pourrait ressembler.

Ce mois-ci, nous avons choisi de revenir sur le parcours de Pauline qui a toujours rêvé d’être comédienne. Elle a passé les premières années de sa vie sur les bancs d’une fac de droit. Par dépit. Par peur de l’insécurité financière.

Mais il y a quelques années, Pauline a su renouer avec ses envies profondes, travailler sur ses peurs ainsi que sur sa confiance en soi pour faire ce qu’elle aime vraiment.

Changer mon besoin de sécurité financière pour réaliser mon rêve de devenir comédienne

J’ai grandi avec l’idée que la sécurité financière est une priorité

Depuis toute petite, je rêve de faire du théâtre. À Orléans, ma ville d’origine, le théâtre et la culture sont beaucoup moins présents qu’à Paris. Je crois que la profession souffre de beaucoup d’à priori. On voit ces métiers-là comme des passions, qui ne permettent pas de vivre correctement. C’est sans doute pour cela que ma mère me répond « Ce n’est pas un métier » lorsque je lui parle de mon envie de devenir comédienne. 

Pour elle, avoir un métier c’est avant tout la sécurité : un salaire qui tombe tous les mois, cinq semaines de congés payés et ne manquer de rien. Il y a quelques années, les notions de bien-être et de plaisir n’étaient pas encore très répandues lorsqu’il s’agissait de choisir un métier.

Ma mère est notaire. Pour elle, le droit représente la voie de toutes les opportunités. C’est sans doute comme ça que je me retrouve en fac de droit. Parce que ma mère me le conseille et parce que c’est la voie de la sécurité.

Je n’ai rien en commun avec les gens qui m’entourent

Je me laisse porter année après année dans mes études de droit. J’irai jusqu’à l’obtention de mon Master mais je sens bien que c’est un choix que je fais par dépit. Je ne me sens pas épanouie dans ce milieu ni avec les gens qui partagent mon quotidien. Pour eux, tout tourne autour du droit. Alors que je rêve d’insouciance et que mes centres d’intérêts n’ont rien à voir avec les leurs.

À la fin de mon Master, je me fais larguer. Je suis effondrée mais je me fais une promesse : celle de ne plus jamais pleurer pour un mec. Électrochoc ou non, besoin de reprendre ma vie en main, je regarde à ce moment-là un stage au cours Florent dont les inscriptions se clôturent dans deux jours. Je me dis qu’il faut que je le fasse. Ma mère me donne son accord, puisque cela n’engage à rien.

Ce que je ne sais pas, c’est que ce stage est en réalité un stage pour intégrer le cours Florent à la rentrée suivante. À l’issue de la semaine d’intégration, je suis retenue. Je ne m’y attendais pas. Et je fonce. Je commence alors deux années de formation au cours Florent. 

Le cours Florent, c’est l’usine. Et le monde dans lequel j’évolue est une jungle. En tant que jeune comédienne, il est important de trouver un agent. Mais cela relève presque de l’impossible lorsque l’on arrive sans référence. C’est un monde très fermé, où il faut travailler son réseau. Et où il est aussi beaucoup question de chance et de rencontres.

J’ai compris combien il était important de se connaître pour ne pas se perdre

Le Covid arrive quelque temps après ma sortie du cours Florent. Plus qu’ailleurs, la crise sanitaire a été catastrophique pour les comédiens.

Pour ma part, je me rends compte que tout va être très compliqué et en même temps, le contexte sanitaire me donne envie de ne rien lâcher. De redoubler d’efforts. C’est à ce moment-là que je me décide à me faire coacher pour booster ma confiance en moi.

Grâce à ma coach, je me suis révélée. Elle m’a aidée à prendre conscience de mes valeurs. Mais aussi à prendre conscience des valeurs que je recherche chez mes collaborateurs. Ce travail sur moi m’a permis de comprendre les compromis que j’étais prête à faire dans un milieu où on se dit parfois que toutes les opportunités sont bonnes à saisir. C’est à la fois vrai et faux. Dans mon milieu, il faut savoir s’ouvrir aux autres, ne pas avoir peur de parler aux gens tout en restant soi-même. Il faut oser mais sans s’oublier. Sans perdre de vue qui l’on est et ses valeurs. C’est là que la connaissance de soi devient la clef

Alors que l’année du Covid est une année presque blanche pour le milieu, je décroche mon premier projet télé.

Aujourd’hui, l’insécurité financière ne me fait plus peur

On dit qu’une carrière en tant que comédienne met dix ans à se lancer. Mon objectif est de réussir à vivre pleinement de mon activité sans flottement, sans pause. 

Malgré tout, l’insécurité financière ne me fait pas peur. Pour continuer à vivre de ma passion, je suis prête à reprendre un travail alimentaire. La plupart des gens voient les boulots alimentaires comme peu valorisants ; mais je dois avouer que je me fiche pas mal du regard des autres. 

J’ai compris, au fil des années, que la peur de l’insécurité financière est avant tout liée à la reconnaissance sociale, au prestige. Je crois que plus on a honte de ce que l’on fait, plus cela donne l’occasion aux gens de nous mépriser ou de nous critiquer. Je crois aussi que tous les milieux sont riches et qu’on peut y apprendre beaucoup. Pendant le Covid, j’ai planté des fruits et des légumes pour gagner des sous et j’ai appris plein de choses. Cela m’a même donné des idées de films et de scénarios.

Il y a aussi des reconversions qui demandent du temps. J’ai la chance de ne pas avoir d’enfant et de ne pas avoir de deadline, je n’ai pas d’urgence à réussir. Je me fixe des objectifs clairs et précis pour rester motivée. Car je suis persuadée que tout se passe dans la tête : lorsque l’on se sent capable de tout, rien n’est impossible !

Changer mon besoin de sécurité financière pour réaliser mon rêve de devenir comédienne

Les 3 conseils de Pauline à une femme qui voudrait se lancer :

  • Xavier Dolan a dit « Tout est permis à qui rêve, ose, travaille et n’abandonne jamais. » Cette phrase me porte tous les jours, je crois en effet que quand on veut, on peut.

  • S’accepter et se pardonner ses erreurs. Il faut être capable de ne pas toujours être à la hauteur. Accepter aussi que parfois les choses n’aillent pas aussi vite que ce que l’on voudrait.

Ce qu’on peut retenir du parcours de Pauline, par Roxane Régnier, fondatrice de Misfit :

  • Pauline n’a pas hésité à se faire aider et à solliciter un coach pour travailler sur sa confiance en elle. Elle a rapidement pris conscience que dans ce milieu, son authenticité, sa joie de vivre et sa confiance en elle sont des outils de travail non négligeables. Un vrai exemple d’un investissement sur soi réussi !

  • Pauline n’a pas peur de l’instabilité de son métier parce qu’elle est entièrement à l’aise avec le “scénario catastrophe” : dans le pire des cas, elle reprend un job alimentaire et ça ne lui fait pas peur. En effet, c’est souvent le fait de confronter le scénario catastrophe tout en l’acceptant qui permet de lever les peurs.

L’histoire de Pauline vous donne envie de changer de vie ? 

Parlons-en ! 

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