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Votre bilan de compétences 
non-conventionnel
Spécialisé pour les femmes 
et profils atypiques
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Infirmière depuis 30 ans, je me suis reconvertie grâce au bénévolat

Isabelle, infirmière, voit le monde médical changer et décide, à 55 ans, de ne plus en faire partie.

À force de bénévolat, elle retrouve un poste dans l’associatif, dont le contexte est finalement bien plus aligné avec ses valeurs. Elle nous a tout raconté sur sa reconversion.

À quoi ressemble ton parcours professionnel ?

J’ai redoublé plusieurs fois dans ma scolarité, à cause de différents problèmes d’orientation. Mais dès que j’ai trouvé ma voie, ça s’est très bien passé. J’ai décidé de devenir infirmière : inspirée par ma famille dans laquelle il y avait beaucoup de soignantes, j’ai surtout fait ce choix par volonté d’être utile. Ça m’a convenu pendant des années, je peux même dire que je me suis éclatée car la relation humaine était au cœur de mon travail.

Par la suite, j’ai suivi mon conjoint qui était souvent muté à cause de son travail. A chaque déménagement, je changeais de poste et de secteur. C’était très riche. J’ai fait de l’hospitalier, du domicile, de la salle de réveil, du centre de rééducation, j’ai même été à l’éducation nationale en tant qu’infirmière de collège. Les dernières années, j’ai exercé en EHPAD.

Mon critère principal à ce moment-là était les horaires de travail : je ne voulais pas travailler le dimanche, je ne voulais pas que mes enfants se rendent compte que je travaillais. Ma priorité, ça restait ma famille.

Comment as-tu senti que tu n'étais plus à ta place ?

Les dix dernières années, le travail s’est complexifié, on était de moins en moins au contact de la patientèle et on passait de plus en plus de temps sur les ordinateurs.

On était dans une surveillance et un “flicage” permanent. Moi, je suis restée dans l’ancien monde avec beaucoup d’humanité, avec le besoin de donner du sens à ce que je faisais. Ça me posait de plus en plus problème.

Quel a été le déclic pour changer de voie ?

J’ai vu les règles se durcir et ajouter beaucoup de lourdeurs administratives à une situation déjà pesante. On nous a déresponsabilisé au profit de protocoles absurdes et beaucoup de médicaments étaient jetés sans raison. 

Le covid a été un sacré tournant. Je ne supportais plus de voir des personnes qui n’avaient pas le droit de visiter leurs ailleuls mourants. Tout le système s’est progressivement déshumanisé.

Et avec les journées de 12 heures de travail que je faisais, la fatigue physique et morale s’est accumulée. Je ne pouvais pas concevoir de passer directement, dans les prochaines années, d’infirmière en EHPAD à résidente.

Comment t'es-tu lancée ? Est-ce que ça a été difficile de sauter le pas ?

Il y a quelques années, une collègue avait fait un bilan de compétences et ça m’a questionné. Avant ça, je n’avais même pas imaginé que je pouvais faire un autre métier qu’infirmière. Son expérience m’a laissé entrevoir qu’un autre futur était possible.

Une opportunité de nième déménagement m’a permis de faire une démission pour suivi de conjoint et ainsi percevoir des indemnités chômage.

Pendant cette période, je me suis d’abord formée au feng shui, puis j’ai fait un bilan de compétences au sein duquel j’ai pu mieux comprendre ce dont j’ai besoin et ce qui est réellement important pour moi en milieu professionnel. J’ai écarté l’option d’entreprendre dans l’aménagement d’intérieur et le feng shui car j’ai pris conscience que j’avais trop besoin de travailler en équipe. J’ai décidé de garder cet intérêt sur le plan personnel. À la fin du bilan, ma conseillère m’a invitée à faire une immersion conventionné par France Travail.

J’ai alors décidé de faire une immersion au sein d’une recyclerie. Une révélation ! J’ai de suite retrouvé du sens dans mon quotidien et j’ai eu envie d’y rester. 

Au quotidien, je fais du tri, du nettoyage d’objets, de la logistique et de la tenue de caisse. Je suis utile et je travaille en équipe. La recyclerie permet de réemployer des objets qui allaient être jetés, de les revaloriser, de créer de l’emploi et du lien social. J’ai donc une action en faveur de l’économie circulaire et de l’écologie.

Comment as-tu géré l'instabilité financière liée à ta reconversion ? Comment as-tu trouvé un poste ?

Grâce à mon départ pour rapprochement de conjoint, j’avais 2 ans de chômage devant moi, ce qui m’a permis de m’investir en tant que bénévole au sein de l’association. Après mon immersion, j’y ai fait du bénévolat 2 à 3 jours par semaine pendant presque un an.

Et mon assiduité a été récompensée ! Mon engagement bénévole s’est transformé en remplacements de congés maladie ou de vacances et après un an on m’a proposé de signer un CDD d’un an.

Finalement, je suis payée quasiment au même salaire à la recyclerie qu’en tant qu’infirmière il y a trois ans. Mais depuis, les infirmières ont été un peu augmentées, heureusement ! 

Et puis, quelques euros en plus ou en moins sur la fiche de paie ne compensent pas le changement de vie au quotidien.

Aujourd'hui, quel est ton bilan ?

Je sais pourquoi j’y vais, même en tant que bénévole. C’est exactement ce que je voulais : beaucoup d’humanité au quotidien, très peu de travail sur ordinateur. Je prends le temps d’être à l’écoute de l’autre. J’ai le sentiment de travailler à la fois pour les autres et aussi pour moi.

Quand on revalorise un objet et qu’on le vend à une personne qui n’aurait pas pu se l’offrir dans un commerce normal, c’est un sentiment extraordinaire.

Et puis sur le plan socio-économique, on a une place incroyable, on est hyper utiles à la société. Je suis beaucoup plus heureuse maintenant que je ne l’étais à la fin en tant qu’infirmière. 

Autre point qui change la donne : les rapports d’égalité que l’on a au sein de l’équipe sont beaucoup plus horizontaux que dans le milieu médical. Il y a beaucoup de bienveillance et des prises de décision collaboratives. On n’impose rien et ça change tout.

Les conseils d'Isabelle à une femme qui voudrait se reconvertir :

  • Faire un bilan de compétences, car ça permet de se rendre compte qu’on est capable de faire bien plus de choses que ce qu’on croit.
 
  • Centrer ses recherches sur ce qui est essentiel pour soi dans le travail. Pour moi, c’était le sens au quotidien et l’esprit d’équipe.
 
  • Suivre ses envies et persévérer. Cette immersion aurait pu ne rien donner et je faisais du bénévolat sans certitude d’avoir un poste derrière mais c’était toujours mieux que de rester chez moi tout en étant au chômage. J’y ai cru et ça a marché.

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