La parentalité est un processus qui génère beaucoup de questionnements, tant sur le plan personnel que professionnel. C’est le moment où on s’interroge notamment sur les valeurs que l’on souhaite transmettre à sa progéniture. Le congé maternité peut aussi créer un déclic par la prise de recul qu’il peut offrir sur son travail. Et c’est là qu’un questionnement professionnel, une quête de sens et l’envie d’une reconversion peuvent émerger.
Mais comment se reconvertir tout en étant maman ? Est-ce bien le meilleur moment pour changer de voie alors que votre famille a besoin de stabilité financière ? Votre besoin d’épanouissement professionnel peut-il réellement attendre ?
Être mère oui, mais pas que !
Avoir envie de se reconvertir lorsque l’on est ou que l’on devient maman c’est d’abord faire face à un sentiment de culpabilité : celui de prendre du temps pour soi.
En effet, devenir mère c’est intégrer une injonction sociétale supplémentaire : celle d’être une “bonne mère”. Dans l’inconscient collectif (bien que les mouvements féministes poussent à déconstruire ce biais cognitif), une “bonne mère” est une femme qui se consacre pleinement à ses enfants, qui met sa carrière et ses besoins personnels entre parenthèses pour vivre pleinement sa maternité. Cette maternité doit être vécue comme le point culminant de l’épanouissement personnel.
Ainsi, les mères voient souvent leur rôle de “maman” comme étant prioritaire. Celui qui supplante tous les autres. Vous vous en doutez, je ne vois pas ces injonctions sociétales qui pèsent sur les mères d’un bon œil.
La notion de “bonne mère” ne doit pas être définie par la société : chaque femme doit avoir SA propre définition de la maternité. C’est pourquoi il est important de se connaître, de connaître ses besoins pour faire les bons choix en tant que mère. Et de trouver un équilibre entre son rôle de maman et son épanouissement personnel. Il faut parfois accepter de sortir de ce rôle de “la mère parfaite” pour prendre du temps pour soi, en dehors de la sphère familiale.
Y a-t-il un bon moment pour se reconvertir ?
Quel que soit votre âge, vous aurez toujours des contraintes : un crédit immobilier à rembourser, la scolarisation de vos enfants à financer, trop peu d’énergie à y accorder, un marché du travail en berne, etc. Je dirais donc qu’il n’y a pas de “bon” moment pour se reconvertir.
La maternité n’est jamais un point facilitant ; avoir des enfants représente en effet une pression financière supplémentaire et exige une grande disponibilité.
Mais lorsque la perte de sens est trop importante, lorsque l’on sent que son bien-être général est en jeu ou bien qu’on ne peut plus tenir le rythme pratiqué avant l’arrivé d’un enfant, il est tout de même important de considérer une changement. Pas par caprice, mais par besoin. En effet, se sentir bien est le facteur clef de la santé mentale. Et donc d’une bonne maternité. Une mère qui ressent un profond mal-être sur le plan professionnel ne peut pas vivre sa maternité de manière épanouie. Il reste important de se construire et de se développer au-delà de son rôle de mère.
Lorsque l’on appréhende la reconversion comme un moyen de se réaliser en tant que personne ET en tant que parent, on lève les premiers freins. On comprend que prendre du temps pour soi est acceptable et que c’est peut-être même le moyen de vivre une maternité épanouie, riche et équilibrée. Et que reconversion et maternité ne sont finalement pas si incompatibles.
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Anticiper les problématiques financières
La peur de l’insécurité financière est sûrement l’un des points les plus abordés en bilan de compétences. Si cette peur soulève un vrai point de vigilance, elle n’est cependant pas insurmontable – même lorsque vous avez des enfants à charge.
Déjà, une reconversion professionnelle peut être totalement financée. Les bilans de compétences et formations certifiantes sont souvent finançables via votre Compte Personnel de Formation (CPF), l’alternance ou des subventions régionales.
Votre reconversion et la modification de vos revenus vont forcément induire une réorganisation de vos priorités. Pour mieux les identifier, interrogez-vous sur le montant qui vous est nécessaire pour subvenir à vos besoins et à ceux de votre famille et essayez d’enlever le superflu. Il y a souvent deux bonnes surprises lorsque l’on s’interroge sur ses priorités financières :
- le montant dont on a besoin quand on envisage ce qui est “vital” est souvent beaucoup plus bas que ce que l’on pense.
- une fois les chiffres formulés, on ouvre la porte aux solutions pour générer ce montant.
Les solutions sont multiples et ce que vous envisagez comme étant insurmontable ou trop dangereux ne l’est pas forcément.
L’importance de l’organisation pour se reconvertir en étant maman
Pour concilier parentalité et reconversion, la clef est l’organisation. Ajouter des obligations supplémentaires à un emploi du temps bien chargé n’est jamais facile. Mais là encore, il y a des solutions.
Vous pouvez par exemple choisir un bilan de compétences en ligne ; cela vous épargnera les temps de trajet et vous pourrez effectuer vos séances entre midi et deux au milieu de votre journée de travail. De nombreuses formations sont aussi accessibles en ligne et parfaitement compatibles avec un emploi à temps plein et une vie de famille. C’est l’option qu’a choisie Marie-Églantine, qui a profité de sa grossesse et de son post-partum pour monter son cabinet d’hypnothérapie.
L’entrepreneuriat peut aussi être une solution pour gagner en flexibilité horaire. Je pense notamment à Myriam, qui a choisi de devenir entrepreneuse pour accorder plus de temps à ses enfants ; et également à Marie qui, maman de trois enfants, a décidé de travailler de chez elle pour s’occuper de ses enfants tout en développant son activité de fleuriste.