Se reconvertir tout en étant maman

Si vous êtes une femme, il est possible qu’à un moment de votre vie vous fassiez le choix de devenir maman. Peut-être que vous l’êtes déjà d’ailleurs.

La maternité est un processus qui génère beaucoup de questionnements, tant sur le plan personnel que sur le plan professionnel. C’est le moment où on s’interroge notamment sur les valeurs que l’on souhaite transmettre à son ou ses enfants. Et c’est là qu’un questionnement professionnel, une quête de sens et l’envie d’une reconversion peuvent émerger. 

Mais comment se reconvertir tout en étant maman ? Est-ce bien le meilleur moment pour changer de voie alors que votre famille a besoin de stabilité financière ? Votre besoin d’épanouissement personnel peut-il réellement attendre ? 

Se reconvertir tout en étant maman

1. Être mère oui, mais pas que !

Avoir envie de se reconvertir lorsque l’on est ou que l’on devient maman c’est d’abord faire face à un sentiment de culpabilité : celui de prendre du temps pour soi.

En effet, devenir mère c’est intégrer une injonction sociétale supplémentaire : celle d’être une “bonne mère”. Dans l’inconscient collectif (bien que les mouvements féministes poussent à déconstruire ce biais cognitif), une “bonne mère” est une femme qui se consacre pleinement à ses enfants, qui met sa carrière et ses besoins personnels entre parenthèses pour vivre pleinement sa maternité. Cette maternité doit être vécue comme le point culminant de l’épanouissement personnel.

Ainsi, les mères voient leur rôle de “maman” comme étant prioritaire. Celui qui supplante tous les autres. Vous vous en doutez, je ne vois pas ces injonctions sociétales qui pèsent sur les mères d’un bon œil.

À mon sens, une maternité réussie est une maternité où l’on s’extrait de cette dualité entre la mère et la femme. La notion de “bonne mère” ne doit pas être définie par la société mais chaque femme doit avoir SA définition de la maternité. C’est pourquoi il est important de se connaître, de connaître ses besoins pour faire les bons choix en tant que mère. Et de trouver un équilibre entre son rôle de maman et son épanouissement personnel. Il faut parfois accepter de sortir de ce rôle de “la mère parfaite” pour prendre du temps pour soi, en-dehors de la sphère familiale.

2. Y a-t-il un bon moment pour se reconvertir ?

Il n’y a pas de “bon” moment pour se reconvertir. Quel que soit votre âge, vous aurez toujours des contraintes externes : un investissement immobilier, un mariage, un voyage, la scolarisation de vos enfants etc.
La maternité n’est jamais un point facilitant ; avoir des enfants représente en effet une pression financière supplémentaire et demande une bonne organisation. 

À mon sens, le bon moment pour se reconvertir est lorsque l’on en ressent le besoin. Lorsque la perte de sens est trop importante, lorsque l’on sent que notre bien-être général est en jeu. En effet, se sentir bien est le facteur clef de la santé mentale. Et donc d’une bonne maternité. Une mère qui ressent un profond mal-être sur le plan professionnel ne peut pas vivre sa maternité de manière épanouie. C’est la raison pour laquelle je pense que nous devons être NOTRE propre priorité. Qu’il est important de se construire en parallèle de notre rôle de mère, certes, mais aussi de tous les autres rôles que nous jouons dans la société

Lorsque l’on appréhende la reconversion comme un moyen de se réaliser en tant que personne ET en tant que parent, on lève les premiers freins. On comprend que prendre du temps pour soi est acceptable. Que c’est peut-être même le moyen de vivre une maternité épanouie, riche et équilibrée. On comprend que l’inertie ne crée que des regrets. Et que reconversion et maternité ne sont finalement pas incompatibles.

3. Résoudre le sujet de l’insécurité financière quand on se reconvertit

Dans toute reconversion professionnelle, la peur de l’insécurité financière est le point sur lequel nous travaillons le plus. Si cette peur soulève un vrai point de vigilance, elle n’est cependant pas insurmontable – même lorsque vous avez des enfants à charge. Pour vous aider à déconstruire cette peur, lisez mon article “Surmonter sa peur de l’insécurité financière”.

 

En effet, je vous rappelle qu’une reconversion professionnelle peut être totalement financée. C’est à la fois vrai pour votre bilan de compétences mais aussi pour la formation que vous souhaitez entreprendre pour mener à bien votre reconversion. Dans les deux cas, votre Compte Personnel de Formation (CPF) ou Pôle Emploi sont les solutions les plus répandues. Je vous invite également à relire mon article “Comment financer son bilan de compétences” car d’autres options peuvent s’offrir à vous.

 

Votre reconversion et la modification de vos revenus vont forcément induire une réorganisation de vos priorités. Pour mieux les identifier, interrogez-vous sur le montant mensuel ou annuel qui vous est nécessaire pour subvenir à vos besoins et à ceux de votre famille. Et essayez d’enlever le superflu. Je vous rassure, il y a quand même deux bonnes surprises lorsque l’on s’interroge sur ses priorités financières : 

 

  • le montant dont on a besoin quand on envisage ce qui est “vital” est souvent beaucoup plus bas que ce que l’on pense.
     
  • une fois les chiffres formulés, on ouvre la porte aux solutions pour générer ce montant.

 

Les solutions sont multiples et ce que vous envisagez comme étant insurmontable ou trop dangereux ne l’est sûrement pas tant.

Se reconvertir tout en étant maman

3. L’importance de l’organisation pour se reconvertir en étant maman

Pour concilier parentalité et reconversion, la clef est l’organisation. Ajouter des obligations supplémentaires à un emploi du temps bien chargé n’est jamais facile. Mais là encore, il y a des solutions. Vous pouvez par exemple choisir un bilan de compétences en ligne ;  cela vous épargnera les temps de trajet et vous pourrez effectuer vos séances pendant que votre enfant est à l’école ou lorsqu’il dort. Peut-être aussi que vos voisins ou une personne de votre entourage peut garder votre enfant le temps de votre séance de coaching. De nombreuses formations sont aussi accessibles en ligne et parfaitement compatibles avec un congé maternité ou une grossesse. C’est l’option qu’a choisie Marie-Églantine, qui a profité de sa grossesse et de son post-partum pour monter son cabinet d’hypnothérapie.

Je voudrais aussi vous rappeler que la reconversion peut être une réelle opportunité pour concilier vie professionnelle et maternité. Aux États-Unis, cette mouvance concerne plus de sept millions de personnes (et de plus en plus d’adeptes en France). On parle alors de mompreneurs. De femmes qui ont mis à profit leur grossesse ou leur congé parental pour créer leur propre boîte et se lancer

En effet, l’entrepreneuriat est souvent une solution idéale pour gagner en souplesse et en liberté. C’est maîtriser son emploi du temps pour se libérer du temps avec ses enfants tout en se réalisant professionnellement. Je pense notamment à Myriam, qui a choisi de devenir entrepreneuse pour accorder plus de temps à ses enfants. Je pense aussi à Marie qui, maman de trois enfants, a décidé de travailler de chez elle pour s’occuper de ses enfants, être disponible pour eux tout en développant son activité.

 Alors évidemment, au début vous allez sans doute repenser votre semaine de travail, privilégier de travailler le soir ou le week-end pour développer votre activité. Mais croyez-moi, le jeu en vaut la chandelle ! 

Je crois aussi que donner l’exemple à son enfant, lui montrer que l’on est acteur de son bonheur et de son épanouissement est une vraie leçon de vie. Peut-être même la meilleure de toutes !