Comment apprendre à dire non et à poser ses limites ?

Dans cet article nous allons aborder un thème qui revient régulièrement dans nos sessions d’accompagnement : comment apprendre à dire non et à poser ses limites ? 

Il faut bien avouer que dire « NON » est souvent mal vu en société : celle qui dit « non » refuse d’aider, de donner ou de comprendre l’autre. Dire non c’est aussi souvent culpabiliser. Isabelle Méténier, psychologue, analyse ce conflit interne : ” La plupart des gens se disent : “Si je m’affirme, si je dis “non”, que va penser l’autre ? L’autre va me rejeter”. Finalement, c’est la peur que le lien se coupe avec l’autre qui empêche de dire non.

Personnellement, j’ai compris qu’il était important de dire « non » à mes dépens. J’étais à cette époque directrice marketing et mon goût du challenge (combiné à un syndrome de l’imposteur bien installé) me poussait à tout accepter.

Je disais « oui » à tout car j’y voyais l’opportunité d’apprendre, de me dépasser, de faire mes preuves… Sans surprise, mon volume horaire a quintuplé et je ne voyais jamais le bout du tunnel. Tous les signaux d’alerte étaient là, mais mon envie de me dépasser m’a simplement empêché de les voir. Jusqu’à ce jour où cette incapacité à dire « non » a mis en jeu ma crédibilité. C’est à ce moment-là que j’ai compris qu’il fallait que je change de posture. 

Alors comment trouver un équilibre entre la volonté de se dépasser et le besoin de se préserver ? Entre altruisme et égoïsme ? Pourquoi trouve-t-on si difficile de poser ses propres limites ? 

comment apprendre à dire non et à poser ses limites ?

Outil #1 : Identifier pourquoi on ne se sent pas capable de dire non

Pour sortir d’un schéma qui ne nous convient pas, il faut d’abord identifier les mécanismes et les raisons qui nous poussent à adopter un tel comportement. 

Une des premières raisons qui empêche de s’affirmer est notre besoin de faire plaisir et plaire à tout prix. Ce penchant découle souvent d’une faible estime de soi mêlé à un système de croyance erroné : penser, par exemple, que dire non c’est ne pas être sympa. Que ce soit par peur du rejet ou d’un désamour, nous pouvons développer une incapacité chronique à dire non à l’autre, et ferons toujours passer les désirs de l’autre au premier plan, au détriment des nôtres.

Autre raison possible, le biais de validation, ou cette volonté de compenser des insécurités, d’asseoir sa légitimité en prouvant que l’on peut faire… UN MAX ! Mais la spirale est très risquée ; à trop vouloir prouver ce dont on est capable, on finit par se mettre en danger et on se retrouve face à un dilemme : avouer qu’on ne peut pas tenir ses deadlines ou proposer un rendu médiocre. Dans les deux cas, le résultat est opposé à l’effet recherché, à savoir gagner en crédibilité et en légitimité. 

Le biais d’appartenance peut nous pousser à dire « oui » en dépit de nos propres limites. Il y a là une volonté de bien s’intégrer à une nouvelle équipe, à un groupe, de créer une cohésion et de montrer à ses collègues qu’on fait partie de la même équipe. Au-delà de l’esprit d’équipe, il est aussi question de montrer à sa hiérarchie l’étendue de nos compétences, qu’on est une wonder-woman et qu’ils ont bien fait de nous recruter. On appelle ça « faire ses preuves ».

Outil #2 : Développer son assertivité

Apprendre à dire « non », ça commence par développer son assertivité.

L’assertivité c’est la capacité à s’affirmer librement, dans sa communication comme dans ses comportements, sans émotion négative pour soi-même et pour les autres.

L’affirmation de soi c’est donc dire ce qui est bon pour soi, même si ce sont des choses à connotation négative. Pour bien s’affirmer, il faut se connaître et savoir quels sont ses besoins, ses forces, ses faiblesses, l’équilibre vie pro/vie perso que l’on veut atteindre…

L’outil à mettre en place est simple : créez un tableau qui liste tous vos besoins (vos deadlines, votre cours de yoga du mardi soir, le temps de pause déjeuner qui vous convient, la flexibilité de vos horaires ou non…) et faites-y correspondre une posture.
Par exemple, pour assister à votre cours de sport du mardi soir, vous direz « non » si votre collègue vous demande de l’aide sur un dossier super urgent qui ne vous concerne pas. 

Attention, on ne vous dit pas de ne jamais faire d’entorse et de ne jamais délaisser votre tapis de yoga pour aider votre collègue en galère. On vous rappelle simplement que dire toujours « oui »  c’est affaiblir sa légitimité et grignoter sur du temps qui est important pour VOUS.

Peut-on réellement vivre de sa passion ?

Outil #3 - Communiquer ses limites aux autres

« Ce qui se conçoit bien s’énonce clairement » disait Nicolas Boileau-Despréaux.

Et c’est vrai ! 

Vous l’avez compris, plus vous vous connaîtrez, plus vous vous ferez confiance, plus vous vous sentirez légitime et moins vous aurez de mal à dire « non ». Assez bizarrement, vous vous rendrez compte aussi que dire « non » ne crée pas plus de relations conflictuelles mais plutôt des relations équitables où chacun peut exprimer librement ce qu’il ressent. 

Parce que oui, toute relation humaine saine et équilibrée ne s’exprime que dans un cadre où les attentes de chacun sont explicites : il faut connaître les besoins de l’autre pour évoluer de manière harmonieuse et non conflictuelle.

Rappelez-vous que personne d’autre que vous ne peut DEVINER ce dont vous avez besoin et où se situent vos limites. Connaissez-les, connaissez-vous et n’ayez plus peur de dire ce qui ne vous convient pas. Et surtout, souvenez-vous qu’apprendre à dire « non » aux autres, c’est apprendre à se dire « OUI » à soi.

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