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BILAN DE COMPÉTENCES SPÉCIALISÉ  POUR LES FEMMES ET LES PROFILS ATYPIQUES                 

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BILAN DE COMPÉTENCES  SPÉCIALISÉ POUR LES FEMMES  ET LES PROFILS ATYPIQUES

Je me suis reconvertie en tant qu’agente immobilière sans formation officielle

Attirée par l’architecture, Karolane s’oriente finalement vers le métier de géomètre, avant de multiplier les expériences entre entrepreneuriat et salariat. Mais malgré plusieurs changements, elle ne trouve pas l’équilibre professionnel qu’elle recherche.

Inspirée par la reconversion de son frère, elle décide à son tour d’explorer de nouvelles pistes et réalise un bilan de compétences. Après avoir envisagé l’UX/UI design, c’est finalement vers l’immobilier qu’elle se tourne.

Aujourd’hui négociatrice immobilière indépendante, elle nous raconte ses débuts dans un métier où les revenus sont encore incertains, mais qui lui offre quelque chose auquel elle tient particulièrement : la liberté d’organiser son travail autour de sa vie, et non l’inverse.

Bonjour Karolane, peux-tu nous parler de ton parcours ?

Quand j’étais jeune, j’étais attirée par les études d’architecture. Mais après concertation avec ma famille, il a été décidé que je poursuive plutôt en BTS géomètre topographe en alternance. J’ai alors commencé à travailler en tant que géomètre.

Très entreprenante et indépendante, je me suis sentie rapidement bridée par le salariat, ce qui m’a amenée à me tourner vers l’entrepreneuriat relativement jeune : j’ai d’abord créé ma société de déclaration d’urbanisme et j’ai ensuite eu l’opportunité de créer avec mon conjoint une société de nettoyage spécialisée dans les logements de location saisonnière. Cela a fonctionné jusqu’au Covid, mais nous n’avons pas survécu à la baisse de chiffre d’affaires entraînée par cette crise. 

Je suis ensuite retournée au salariat en tant que dessinatrice projeteuse et technicienne méthode au sein d’une structure industrielle. Ces années m’ont beaucoup plu car j’y ai trouvé de l’autonomie et de la prise d’initiative. Les projets étaient variés et il y avait une bonne collaboration entre les différentes parties de l’entreprise.

Malgré tout, en devenant maman j’ai ressenti ce besoin d’être disponible pour mon fils et de pouvoir gérer davantage mon temps. Aussi, l’entreprise ayant été rachetée, les conditions de travail n’étaient plus les mêmes. J’ai alors retrouvé un poste de dessinatrice projeteuse dans un bureau d’études mais je me suis rapidement rendu compte que le secteur du bâtiment n’était pas pour moi et que l’entrepreneuriat me manquait fortement.

Quel a été le déclic pour changer de voie ?

La reconversion réussie de mon frère m’a convaincue que je pouvais moi aussi changer de voie. Je me suis d’abord penchée sur le métier d’UX/UI designer, un métier créatif qui me permettait de travailler à mon compte. Mais comme je n’étais pas 100% sûre de moi, j’ai décidé de challenger cette envie en réalisant un bilan de compétences avec Misfit.

C’est pendant le bilan de compétences que j’ai pu finalement écarter la piste d’UX/UI designer (faibles débouchés, grosse concurrence de l’IA) et m’engager dans une reconversion en tant qu’agente immobilière.

Quelles ont été les étapes pour te reconvertir en tant qu'agente immobilière ?

Pendant mon bilan de compétences, je suis allée frapper à la porte de plusieurs agences immobilières de ma ville. J’ai eu un coup de chance : je suis tombée sur un homme qui ouvrait son agence indépendante et souhaitait recruter des agent·e·s.

Mon profil lui a plu et il a accepté de me former au métier. Depuis, je travaille en freelance pour son agence : cela veut dire que je n’ai pas de salaire fixe, je suis payée uniquement par les commissions réalisées sur mes ventes.

As-tu été confrontée à des difficultés ? Comment les as-tu dépassées ?

Je dirais que le plus compliqué à gérer est l’aspect commercial du métier. Il faut être patient·e et constant·e dans son travail même si parfois on a l’impression que ça ne paie pas. C’est bien souvent l’ascenseur émotionnel ! Il faut savoir composer avec cet aspect du métier.

Mais je m’accroche et je constate qu’avec l’expérience j’arrive quand même de mieux en mieux à optimiser mon temps de travail et à dépenser moins d’énergie sur les projets qui n’aboutiront pas.

Comment as-tu géré l'instabilité financière de ta reconversion ?

J’avais droit au chômage suite à mon dernier contrat donc je pouvais m’accorder le temps d’apprendre le métier et de toucher mes premières commissions. Comme les cycles de vente sont longs dans le secteur de l’immobilier, c’était indispensable pour commencer.

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Aujourd'hui, quel est ton bilan ?

Je suis très contente car le domaine me plaît et j’ai un excellent équilibre vie pro – vie perso. Je peux m’occuper de mon fils le mercredi après-midi et je peux me rendre disponible facilement si besoin. Cette flexibilité du travail en tant qu’indépendante me convient parfaitement et ne me donne pas du tout envie de retourner au salariat.

Je fais une vente à peu près tous les deux mois, ce qui n’est pas encore suffisant pour être vraiment confortable financièrement mais c’est un résultat très encourageant étant donné que cela ne fait que six mois que j’ai commencé. Le bouche à oreille n’a pas encore eu le temps de faire son effet et l’agence est nouvelle donc je me dis qu’il y a beaucoup de perspectives d’évolution.

La conjoncture n’est pas simple en ce moment mais l’immobilier et le logements restent des sujets indispensables pour les gens donc il y a quand même des transactions et il y en aura toujours, ce qui est rassurant. 

Les conseils de Karolane à une femme qui envisagerait de se lancer dans un projet similaire :

  • Passer par une agence pour être formée. Ce n’est déjà pas évident de mettre en œuvre toute les ficelles du métiers, alors en tant que mandataire ce doit être encore plus compliqué (en tout cas au tout début).

  • C’est un métier de patience et de minutie. Il requiert de la précision pour ne pas s’épuiser mais ce sont des choses qui arrivent avec le temps, surtout lorsque l’on aime ce que l’on fait.

  • Il faut selon moi prévoir entre six mois et un an de revenus avant de se lancer pour ne pas avoir trop de pression financière : les cycles de vente sont longs et les ventes incertaines.

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