Après plusieurs années comme infirmière en psychiatrie, Sophie se tourne vers la santé au travail pour bénéficier d’horaires plus compatibles avec sa vie de maman. Elle y gagne en équilibre, mais perd peu à peu ce qui la faisait vibrer dans son métier : le soin, le contact humain et la stimulation.
À la suite d’une première piste de reconversion qui n’aboutit pas, elle découvre une autre possibilité : ouvrir son propre centre technico-esthétique.
Entre démission, prêt bancaire, imprévus administratifs et apprentissage de l’entrepreneuriat, Sophie nous raconte comment elle a construit son projet et retrouvé un quotidien plus aligné avec ses envies… et sa vie de famille.
Bonjour Sophie, peux-tu nous parler de ton parcours ?
Je me suis orientée après le bac en licence de biologie mais je me suis rapidement rendu compte que ça ne me correspondait pas. J’ai alors quitté la fac pour partir vivre à l’étranger en tant que fille au pair. C’est en m’occupant là-bas d’un bébé souvent malade que j’ai pensé à devenir infirmière. Je me suis dit que ça allait me permettre de prendre soin des autres, d’avoir un salaire correct et de pouvoir toujours trouver facilement du travail.
Après mes études d’infirmière, je suis partie en bénévolat à l’étranger et à mon retour en France j’ai travaillé en psychiatrie à l’hôpital. C’était stimulant et j’y trouvais beaucoup de sens mais après une séparation et la naissance de ma fille, je ne pouvais plus combiner les horaires de l’hôpital et ma vie de famille.
Je me suis alors réorientée en santé au travail : j’ai passé un DU spécialisé et je me suis mise en disponibilité de la fonction publique pour travailler dans le privé. C’était beaucoup plus compatible avec ma vie de maman mais je me suis rapidement ennuyée. C’est à ce moment-là que je me suis lancée dans un bilan de compétences avec Misfit.
Quel a été le déclic pour changer de voie ?
Mon bilan de compétences m’a aidée à considérer d’autres options et à définir un nouveau projet qui était à l’époque de me former en QSE (Qualité, Sécurité et Environnement) pour retrouver du sens et de la stimulation dans mon travail.
Malheureusement, je n’ai pas réussi à trouver une alternance et le temps de formation très long m’a découragée.
Néanmoins, mon bilan de compétences m’avait ouvert les champs des possibles et m’avait redonné confiance en moi. J’ai vite rebondi pour me concentrer sur une autre piste : celle d’ouvrir mon centre technico-esthétique. Plusieurs infirmières que je connaissais s’étaient lancées dans cette voie suite aux changements réglementaires récents qui permettaient aux infirmières de pratiquer l’épilation laser et ça a de suite fait écho en moi. C’était assez évident donc je me suis lancée !
Quelles ont été les étapes pour ouvrir ton centre technico-esthétique ?
J’ai d’abord échangé avec des anciennes infirmières qui avaient ouvert leurs centres pour pouvoir vraiment me projeter. J’ai ensuite utilisé le dispositif Démission Reconversion pour obtenir le chômage dans le but de sécuriser ma transition.
L’entrepreneuriat n’est pas un domaine que je connaissais bien mais grâce à des outils en ligne et l’aide de certain·e·s proches, j’ai pu réaliser un business plan en quelques semaines, ce qui a permis la validation de mon dossier et de mon chômage.
J’ai trouvé un local qui correspondait à mes critères sans grande difficulté et après déblocage du prêt bancaire j’ai pu lancer les travaux et la création d’entreprise.
Je me suis également formée à l’utilisation des machines et à la pratique des soins (micro needling, laser, soins visages, etc.) en parallèle.
As-tu été confrontée à des difficultés ? Comment les as-tu dépassées ?
La création de mon entreprise a pris beaucoup plus de temps que prévu à cause de détails administratifs, ce qui a été très dur à gérer pour moi car j’avais l’impression que tout pouvait s’arrêter alors que j’avais déjà signé le local et l’achat des machines ! Mais avec de la patience et de la persévérance, les choses se sont débloquées.
L’incertitude est aussi compliquée à vivre au quotidien, mais je mets en place plein d’actions pour me faire connaître, ce qui me conforte dans l’idée que je fais le maximum pour mon projet. Je me dis aussi que j’apprends plein de choses et que même si le projet vient à s’arrêter, je pourrai mettre ces compétences au profit d’autres opportunités potentielles.
Comment as-tu géré l'instabilité financière de ta reconversion ?
Le chômage m’assure une garantie de revenus pendant 18 mois donc je n’ai pas eu besoin de prévoir un salaire de suite, ce qui est forcément très aidant. Je me dis que si je n’arrive pas à me sortir un salaire à la fin de mon chômage, j’ai toujours la possibilité de reprendre un travail à temps partiel donc je n’angoisse pas trop à ce sujet.
J’ai également fait un prêt à la banque pour les machines et j’ai investi de mes économies personnelles autour de 20 000€ pour les travaux et le fond de roulement.
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Aujourd'hui, quel est ton bilan ?
Déjà, j’ai retrouvé ce que j’avais perdu en quittant l’hôpital : le sens dans mon travail et le soin apporté aux autres. J’aime beaucoup procurer les soins et expliquer les contre-indications, protocoles, etc. Ce sont des tâches que j’avais perdues en travaillant en santé au travail et je suis contente d’avoir renoué avec ça. Je me sens aussi très stimulée et fière de ce que j’ai accompli : je ne pensais pas être capable de tout ça !
Sur le plan personnel, je me sens vraiment gagnante car j’ai maintenant beaucoup plus de temps pour ma fille. Je peux organiser mon planning en fonction des horaires sur lesquelles j’ai sa garde et être flexible si besoin.
Après six mois d’ouverture j’arrive à payer mes charges et j’ai des nouvelles clientes tous les mois, ce qui est encourageant. Par contre, je ne peux pas encore me payer un salaire donc c’est frustrant mais ce n’est que le début. J’ai toujours le chômage pour pallier la baisse de revenus.
Comme mon enjeu principal est de me faire connaître, je me penche sur les sujets marketing et communication, je mets en place des partenariats, etc. Forcément, c’est aussi très fatiguant car j’y pense tout le temps, mais j’imagine que c’est normal au début, après tout, six mois d’ouverture c’est encore tout récent !
Les conseils de Sophie à une femme qui envisagerait de se lancer dans un projet similaire :
Se donner la chance d’essayer car il y aura toujours une façon de revenir au salariat. On peut y gagner sur plein d’aspects donc cela vaut vraiment le coup de le tenter pour ne pas avoir de regret.
- Chercher à sortir d’une situation de mal-être au travail coûte que coûte car ce mal-être a un énorme impact sur soi et sur son entourage. Même si la solution alternative n’apparaît pas comme “parfaite” ou “sûre”, je pense qu’il vaut mieux changer de situation plutôt que de rester trop longtemps dans une situation qui nous éteint.
Demander de l’aide autour de soi et être proactive dans la recherche de solutions : il y a toujours des personnes qui pourront vous aider un peu (soutien émotionnel, comptabilité, juridique, communication, marketing, financement, etc.) et il y a maintenant énormément d’outils disponibles en ligne.
Pour consulter le projet de Sophie, RDV sur son compte Instagram ! Elle vous offre également -10 % sur la première prestation sur présentation de code Misfit10.