Toujours sous l'eau ?
Vous tâchez de toujours être disponible, vous en faites plus que demandé, vous avez du mal à décrocher du travail… cela vous pèse et pourtant, vous n’arrivez pas à arrêter.
Le surinvestissement au travail est (malheureusement) une tendance très présente chez les femmes, du fait d’une éducation à prendre soin et d’un système défaillant. Nous allons parfois pallier aux failles de l’entreprise (manque d’effectif, surcharge de travail, management toxique) ou encore devoir nous battre parfois 2 fois plus que les hommes pour avoir l’air aussi légitimes. Et cela mène souvent au surmenage, voire à des situations de burnout.
Derrière ce surinvestissement se cachent aussi d’autres problématiques qui nous empêchent de sortir de ce schéma : insécurités, quête de reconnaissance, syndrome de l’imposteur, etc.
Alors, voici 3 conseils concrets pour éviter de se surinvestir, apprendre à se préserver et retrouver un rapport plus sain à son travail.
Confronter ses insécurités
On se surinvestit souvent parce qu’on a peur. Peur d’être licencié·e, de perdre sa place au sein de l’entreprise, que les projets intéressants nous passent sous le nez ou encore de ne pas assez bien faire. On pense alors que donner beaucoup va nous permettre d’assoir notre place et de garantir notre sécurité. C’est tout l’effet du syndrome de l’imposteur. Il repose sur une idée souvent fausse qui revient à penser que plus on travaille, plus on est légitime.
Pour se détacher de ces peurs, une solution peut être de chercher des réponses auprès de votre service RH ou de votre hiérarchie. Une discussion franche et honnête vous permettra sûrement d’identifier les critères qui vous rendent légitime à votre poste ou au poste que vous convoitez. Peut-être même qu’on vous expliquera que vous en faites bien assez et que vous n’avez pas besoin d’autant vous surmener pour satisfaire les attentes de la hiérarchie.
Et sinon, rappelez-vous simplement que vous avez passé un processus de sélection pour en arriver là et que des personnes a priori compétentes ont analysé votre profil et jugé que vous étiez légitimes !
Vous pourrez alors retrouver un sentiment de sécurité psychologique, ce qui vous permettra de réduire votre niveau d’investissement au travail.
Comme souvent, pour contrôler ses peurs et les dépasser, rien de mieux que de nouer un dialogue avec la ou les personne·s qui créent cette peur chez vous.
Wonder Woman, sauveuse, élève modèle... Se défaire de ces rôles qui nous collent à la peau
Lorsque l’on prend à cœur son travail et les responsabilités que l’on nous confie, on peut vite se sentir indispensable.
Ce sentiment touchera particulièrement trois profils, qui auront une grande tendance au surinvestissement :
- les personnes avec un réel besoin de performance et d’excellence et qui s’épanouissent dans le dépassement de soi
- les personnes qui aiment faire les choses parfaitement et détestent le “juste suffisant”. On peut penser dans ce cas au syndrome de la bonne élève.
- les personnes très empathiques et loyales, qui ne veulent pas abandonner leurs collègues ou leur entreprise et qui présentent le syndrome du sauveur à un degré plus ou moins fort.
Lorsque l’on a un vrai besoin de performance, on peut se sentir investi·e d’une mission. On aura alors tendance à en faire plus que les autres. De manière générale, ces profils ont du mal à déléguer dans la mesure où ils préfèrent faire les choses à leur manière et gagner du temps. On retrouve souvent ces traits chez les personnes à haut potentiel. En effet, ce sont des profils qui comprennent plus vite que la moyenne et sont très efficaces dans l’exécution des tâches. Ce sont des performers et des leaders nés. Dès lors, ils ont tendance à se surinvestir pour tout contrôler et produire des rendus quasi parfaits.
L’enjeu pour ce profil est de comprendre que la recherche acharnée de performance n’apporte pas que de la satisfaction : elle crée aussi beaucoup de fatigue et de stress.
Dans le deuxième cas, on a plutôt à faire à une personne qui souhaite être l’employé·e modèle, que ce soit conscientisé ou non. Qui, par souci de reconnaissance ou conscience professionnelle, veut faire les choses correctement et avec implication. Les managers repèrent ces profils et se tournent plus facilement vers ces employé·e·s ; en effet, on peut toujours compter sur eux. Pour se débarrasser de ce syndrome de la bonne élève, il est important de comprendre les mécanismes néfastes de ces habitudes. Plus de conseils détaillés sur ce sujet dans mon livre dédié à cette thématique passionnante !
Les personnes se reconnaissant dans le troisième profil ont tendance à penser que si elles ne sont pas là, les choses s’écroulent. Et que tout repose sur leurs épaules. Ainsi, elles ont tendance à toujours répondre présent quand il y a besoin de renfort et à pallier les absences ou les manquements de leurs collaborateurs. C’est souvent en prenant conscience que ce comportement ne fait qu’entretenir un système dysfonctionnel que le cercle vicieux s’arrête. En effet, tant qu’on fait le bouche trou, la hiérarchie n’a pas d’intérêt à résoudre les problèmes structurels de leur entreprise !
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Créer de la distance avec son travail
Quand on se surinvestit au travail, on en vient à gommer la limite entre notre vie professionnelle et notre vie personnelle. Petit à petit, le travail prend toute la place et ne nous laisse plus de temps de respiration.
Si c’est votre cas et que cela vous pèse, il pourrait être utile de remettre chaque chose à sa place et de mieux cloisonner votre vie professionnelle et votre vie personnelle.
Cette distance peut être créée de différentes manières :
- éviter de nouer des relations trop intimes avec ses collègues. En effet, dès lors que l’affect rentre en compte, il est plus difficile de faire la part de choses, de prendre de la distance avec des événements ou une situation délicate.
- remettre son travail à la juste place. Et ne pas le voir comme une mission de vie. Un travail c’est avant tout un moyen de subvenir à vos besoins.
- respecter des limites horaires. Cela permet d’éviter que le professionnel n’empiète sur les activités et le temps personnel. Pour respecter ces limites, on coupe son téléphone pro et ses notifications quand on quitte le boulot. Et on ne consulte pas ses mails ! La majorité des tâches peuvent attendre le lendemain.
- créer une limite géographique en évitant de travailler là où on vit. Si vous télétravaillez, vous pouvez par exemple rejoindre un espace de co-working. Cela vous permettra de mettre de la distance entre vos deux univers.